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Qui dit rentrée, dit rentrée littéraire*. Ce que l’on peut attendre des livres de cette année ? Nous faire aller mieux, être des « gens heureux ».

Livre-les-gens-heureux-lisent-et-boivent-du-cafeLe titre est audacieux, l’auteure l’est tout autant. Les gens heureux lisent et boivent du café, il faut oser de dire qu’il en faut si peu. Et il faut oser également écrire son premier roman et l’autoéditer. C’est le cas d’Agnès Martin Lugand. Dans ce premier jet (déjà très talentueux), Agnès Martin Lugand nous apprend la résignation, le lâcher-prise. Et pour ne rien cacher au lecteur, il faut se le dire : c’est une (petite) claque. Dès les premières lignes les gens meurent, les gens partent. Diane a brusquement perdu sa fille et son mari dans un accident de voiture. Dès lors tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue à battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement.

Les gens heureux lisent et boivent du café a toute la prétention d’une tentative de compréhension du malheur. Quel qu’il soit. Perdre quelqu’un, physiquement ou sentimentalement. Comment l’être peut-il faire plus ? Comment peut-il faire mieux ? C’est impossible. Quand son corps, son cœur, son être tout entier se refuse, alors que la vie elle est là, elle continue. Même à fuir la vie, elle finit par vous rattraper.

Le roman d’Agnès Martin Lugand n’est pas, et ne sera pas récompensé par le prix de l’Académie Française, mais il a le mérite d’avoir ce que l’on peut attendre d’un livre : nous faire vivre. Nous faire oublier. S’oublier soi-même et oublier le monde. Deux cent pages à peine qui suffisent amplement. Si certain(e)s amoureux(ses) de la littérature trouveront ce livre trop « simpliste », d’autres adoreront ses personnages, certes caricaturaux mais si attachants. L’intrigue c’est la vie, on ne peut pas l’inventer. Il y a le deuil. Il y a la perte. Et il y a la vie. Rien ne sert d’en faire plus.

On sort du livre d’Agnès Martin Lugand, un peu plus léger. Avec des réponses, avec des phrases, des bouts de dialogues qui nous restent en tête. On sort du livre pas totalement comme on y est entré. Les gens heureux lisent et boivent du café s’apparente à un petit guide de l’abandon. Quelques larmes, quelques notes d’humour et beaucoup de légèreté. La réponse est dans le titre : audacieux, mais réaliste.

« Si je commence une histoire avec toi, je te reprocherai un jour ou l’autre de ne pas être lui… d’être toi. Je ne veux pas de ça… Tu n’es pas ma béquille, ni un médicament, tu mérites d’être aimé sans condition, pour toi seul et non pour tes vertus curatives ».

Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin Lugand, éditions Pocket.
*Rentrée littéraire 2013

Lou Ferrere

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