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Une bibliothèque pour mon cœur cabossé

La bibliothèque des Cœurs Cabossés de Katrina Bivald

Il y a quelques mois paraissait aux éditions Denoël « La bibliothèque des cœurs cabossés », sous la plume de Katrina Bivald. Et si tout était dans le titre ? Et si les livres avaient cette étrange vertu thérapeutique, le pouvoir, si ce n’est de guérir, celui de consoler ?

Il y a ceux qui allument une clope, ceux qui se réfugient dans une salle obscure, ceux qui décrochent leur téléphone, ceux qui vont s’attabler et il y a ceux qui ouvrent un livre. Tous les cœurs cabossés, un peu usés ou trop abimés ont besoin d’autre chose. S’ils ne peuvent être guéris, ils demandent au moins à être consoler.

Alors, quand le lecteur compulsif laisse trainer ses yeux sur un livre au titre plus qu’accrocheur : La bibliothèque des cœurs cabossés paru aux éditions Denoël en janvier, sous la plume de Katrina Bivald, c’est révélateur. Trop tôt encore pour dire s’il est salvateur et pourtant, c’est bien de ça dont il est question. La thérapie par les livres, la bibliothérapie.

Une étude britannique, parue en 2013, démontrait que les livres « pouvaient aider les gens à se sentir mieux », comme l’explique la psychologue Dilshaad Chaumoo. « La lecture procure un vif réveil. Non seulement la lecture est une ouverture à la connaissance, mais également, une libération des émotions », poursuit la psychologue dans son étude.

Oui, mais. Car il y a toujours un mais. « La vraie vie est dure, brute, authentique. Les livres sont édulcorés, compliqués et bien trop obsédés par tout ce qu’on pense et ressent à longueur de temps », rétorqueraient certains. Alors que recherche-t-on dans les livres ? À fuir la réalité ? À se construire d’autres histoires ? Pis, à s’inventer une vie ? Rien de tout cela.

Les livres sont là pour nous donner les mots. Les mots dont le cœur manque, les mots à mettre sur les maux. Les mots qui soulageraient, qui allègeraient, ceux qui libèreraient cette colère, cette tristesse, ces envies, ces manques. Les mots qui font sourire, les mots qui font rire, les mots qui font plaisir. Les mots qui disent ce qu’on ressent sans jamais oser le dire. Des mots parfaitement posés quand en nous ils sont confus, inaudibles, embrouillés. Les livres sont le jeu des mots.

Il ne faut pas pour autant se méprendre. Les livres ne sont pas les seuls destinataires des cœurs cabossés, usés et abimés. Ils le sont tous autant pour les cœurs enjoués, heureux et emplis. Les livres sont.

Au-delà des mots, La bibliothèque des cœurs cabossés, offre une agréable explication du rôle du livre au travers une histoire – hélas ? – invraisemblable. Ce livre est ce qu’on appelle dans le jargon littéraire « un livre-bibliothèque », rempli de références en tout genre, en passant des polars de Stieg Larsson aux classiques de Proust, par la comédie burlesque à la façon de Douglas Coupland.

Avec son livre, Katrina Bivald donne au lecteur des mots pour expliquer sa folle passion pour la littérature, il ravive en lui ce plaisir olfactif des pages, il conforte son besoin irrépressible de trainer dans les rayons d’une libraire, il agrémente sa future liste et le fait frissonner de toucher le papier. Une fois fermé, on se dit « il me faut encore lire, retrouver ce plaisir, cette joie, cette peine ». Qu’importe le sentiment, il y a tout dans un livre.

La bibliothèque des cœurs cabossés est un livre de livres.

Lou Ferrere

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